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La communication hors-médias
Insuffisamment considérées par les
Français, les foires commerciales sont depuis lépoque
de la Ligue hanséatique un passage obligé pour se
faire connaître sur un marché dEurope centrale
ou orientale, obtenir des débouchés et identifier
la concurrence. Outre les exposants professionnels, le public est
composé de curieux et même de familles, car les droits
dentrée sont limités. Rarement internationales,
ces foires ont lieu dans toutes les grandes villes mais pas forcément
dans les capitales, Brno en République tchèque et
Poznan en Pologne étant les deux plus importantes.
Négligées au début des années
1990, les relations publiques sont désormais considérées
comme un atout stratégique, notamment grâce aux retombées
rédactionnelles dévénements attirant
les médias et offrant donc une publicité indirecte.
A Prague, le premier restaurant Mac Donalds a beaucoup fait
parler de lui sans aucune publicité, et à Budapest
linauguration dun casino par S. Stallone a été
considérée comme un événement pour les
médias locaux. Le sponsoring et ses variantes que sont le
parrainage ou lévénementiel sont également
efficaces, à condition de bien choisir son partenaire, comme
par exemple IBM avec lorchestre philharmonique de Hongrie.
En revanche, le mécénat est moins bien accepté,
car les entreprises privées affirmant poursuivre des buts
publics ninspirent pas confiance dans les PECO. Lexemple
le plus connu est celui de G. Soros, dont la popularité est
faible malgré les actions de sa fondation dans les domaines
de léducation ou de la défense de lenvironnement
[6]. Dans un autre domaine, des hommes publics sinspirent
des spécialistes du marketing pour leur carrière politique.
J. Seguela a ainsi été le conseiller dA. Kwasniewski
et de J. Drnovsek, tandis que V. Meciar sest entouré
de célébrités telles que C. Schiffer ou G.
Depardieu en vue de sa réélection fin 1998 au poste
de Premier ministre de Slovaquie.
Hormis en Pologne où il est relativement
développé et où sa législation est proche
de celle des pays occidentaux, le marketing direct reste à
un stade peu avancé. Son essor est freiné par le nombre
limité de fichiers dadresses disponibles, les entreprises
étant souvent contraintes de constituer elles-mêmes
les fichiers. En Pologne, la société Phase II a pu
obtenir des renseignements précis sur près dun
million de consommateurs grâce à une promesse de cadeau
pour les personnes qui renvoyaient un questionnaire. La législation
est dans certains pays un autre frein au développement du
marketing direct. En Pologne, lexploitation de fichiers dadresses
à usage commercial nécessite l'accord écrit
des personnes ou des firmes concernées et, en Slovénie,
il est interdit de vendre des fichiers de clientèle par âge,
catégorie socio-professionnelle ou autre renseignement détaillé.
La publicité sur le lieu de vente commence
à se développer à mesure que le secteur de
la grande distribution se rationalise, notamment avec les dégustations
et les jeux en magasin. Au contraire des prospectus distribués
dans la rue, le mailing est une activité efficace avec des
taux de réponses de 5 à 10 % selon les produits et
les pays, mais ce taux a naturellement tendance à diminuer
[7].
Les médias
Depuis 1989, la presse a considérablement
évolué pour devenir globalement libre, du moins dans
les pays dEurope centrale. Les investisseurs occidentaux détiennent
la quasi-totalité des magazines et une majorité des
quotidiens nationaux ou régionaux. Les produits proposés
sont des reprises améliorées des anciens titres, des
publications nouvelles telles que les magazines pour jeunes ou dautomobile,
mais également des tabloïds [8]. Les Allemands sont
les premiers investisseurs, suivis par les Suisses, les Scandinaves
et les Hollandais [9]. Les magazines et les journaux éprouvent
cependant des difficultés à dégager une rentabilité.
Refusant tout soutien financier qui lui aurait fait perdre son indépendance,
le journal La Tribune de Prague a vendu ses premiers numéros
à cinq cent couronnes lunité (15 euros), seul
moyen datteindre son point mort. Il faut ajouter la faible
qualité de services des Postes dEurope de lest,
qui bénéficient de situation de monopole et sont susceptibles
dimportantes modifications de coûts.
Bien que le marché ne soit pas arrivé
à maturité, avec notamment la « guerre des médias
» en Hongrie, les chaînes de télévision
dEurope centrale et dans une moindre mesure celles des autres
PECO se sont considérablement rapprochées des standards
occidentaux. Lessor a été possible grâce
à un taux déquipement des foyers proche des
100 %, la télévision étant sous le communisme
un instrument de propagande donc facilement disponible [10]. Grâce
à de bas tarifs, la télévision par câble
est largement diffusée, la Slovénie comptant même
60 % de ménages câblés. Cest également
le cas de la télévision par satellite, notamment en
Hongrie où 56 % des ménages sont équipés,
soit davantage que ceux disposant du téléphone [11].
Dans chaque pays, les chaînes dEtat
ont conservé une position de leader ou de concurrent majeur.
Seul le groupe américain CME (Central European Media Entreprise)
est présent dans toute lEurope centrale, où
il diffuse à près de cent millions de personnes par
ses chaînes proposant des programmes dinformation, des
soap operas, des séries américaines et des films.
Fleuron de CME et pionnière des chaînes étrangères
lors de son lancement en 1994, la Tchèque TV Nova a rapidement
atteint jusquà 70 % daudience, soit un des meilleurs
taux découte de toute lEurope [12]. Sa petite
sur slovaque TV Markiza, détenue à 51 % par
des capitaux locaux, connaît un succès similaire, alors
que Pop-TV en Slovénie, Pro TV en Roumanie et Studio 1+1
en Ukraine sont chacun leaders dans leur pays [13]. Malgré
ces réussites apparentes, CME accuse des pertes depuis le
début de son activité en Europe centrale et elle a
même décidé de se retirer de Pologne en cédant
à son partenaire ITI TV ses parts dans TVN, dont laudience
na pu dépasser les 5 %, faute de pouvoir obtenir les
autorisations démission dans tout le pays. Deux autres
chaînes privées peuvent être mentionnées
; il sagit de la filiale de Canal Plus en Pologne lancée
en 1994 et surtout de Polsat, chaîne populaire polonaise détenue
par des capitaux locaux et qui possède plus de 30 % de parts
de marché.
Depuis 1989 et la suppression des monopoles de
radiotransmission, la radio a moins évolué que
les autres médias. Certains investisseurs, tels que le
Britannique GWR qui sest dabord intéressé
à la Bulgarie
puis ensuite à la Pologne, sont néanmoins présents
sur ce marché.
Laffichage est un support publicitaire totalement
nouveau et en plein essor. Son développement est pour linstant
limité par la faible standardisation des tailles et de léclairage
ainsi que par le manque de panneaux et demplacements disponibles.
Dans ces conditions, les publicitaires choisissent souvent de placer
des panneaux daffichage sauvages et de compter sur le laxisme
des autorités pour payer le moins damendes possible.
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