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Malgré ses limites, lévolution
du PIB est le premier indicateur généralement retenu
pour évaluer les perspectives de croissance sur un marché
donné. Les pays de lEst ont traditionnellement affiché
jusquau début des années 1980 des taux de croissance
considérables de leur Produit Matériel Net (PMN) [1],
mais ceux-ci étaient exagérés. Les performances
étaient en effet systématiquement surévaluées,
que ce soit de la part des responsables dentreprises qui falsifiaient
leurs comptes de production afin dobtenir davantage de ressources,
ou des autorités, qui cherchaient à « soigner
» les statistiques officielles [2].
Les performances décroissent rapidement
jusquen 1989, où la plupart des pays sont plongés
dans la récession. Lors du dernier congrès du CAEM
en 1990 [3], les pays membres décident labandon des
échanges en roubles transférables et ladoption
des prix mondiaux. Non compétitives face à la concurrence
étrangère, les firmes locales perdent alors la plupart
de leurs anciens marchés captifs. En trois ans, la production
industrielle est en moyenne divisée par deux. Dans le même
temps, linstauration de la liberté dentreprendre
entraîne lessor de centaines de milliers de petits commerces
dans chaque pays, ce qui limite la chute des PIB [4].
Les premiers signes de reprise économique
sont ressentis à partir de lannée 1992 en Europe
centrale, où la Pologne affiche même une croissance
du PIB. Les autres économies de la région, bientôt
rejointes par les pays baltes, se rétablissent progressivement
et parviennent à maintenir une croissance soutenue par les
exportations, malgré latonie de la demande en Europe
de lOuest. Tous les pays ont rattrapé ou dépassé
leur niveau de PIB de 1989 et réalisent une croissance moyenne
denviron 2 à 5 %. Malgré un ralentissement depuis
2000, la Pologne présente les meilleures performances, en
compagnie de la Hongrie, de la Slovénie et de la Slovaquie
[5]. Ces succès doivent cependant être relativisés
puisque le PIB cumulé de lensemble des pays dEurope
centrale reste inférieur à celui des Pays-Bas ou de
la Corée du Sud.
Contrairement à cette Europe centrale effervescente,
la situation en Europe orientale et balkanique inspire des inquiétudes,
hormis en Roumanie, et dans une certaine mesure en Bulgarie.
Outre le conflit des Balkans, les crises bulgare et albanaise
de 1996-1997 et plus généralement la fragilité
de la situation économique de la région témoignent
des difficultés à établir la prospérité
dans des pays peu pourvus dune culture et dune histoire
économique significative et où léthique
des affaires manque cruellement. Dautre part, ces pays
ne se trouvent à proximité géographique
daucun pays riche et souffrent des embargos ou des difficultés
de leurs débouchés naturels que sont la Libye,
lIrak, la Yougoslavie ou la CEI.
(suite)
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