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La tarification optimale
Du fait dun nombre élevé de
concurrents par marché et de la relative faiblesse des pouvoirs
dachat, les stratégies de prix jouent un rôle
plus important en Europe centrale et orientale quen Europe
de louest. La marge de manuvre quant à la politique
de prix y est également différente.
Dans les PECO, la fixation des prix était
par le passé contrainte par des événements
extérieurs peu prévisibles tels que les variations
de linflation et des taux de change ou la promulgation de
lois ou de décrets imposant le gel des prix ou des salaires.
En revanche, la réglementation sur les prix est souvent beaucoup
plus souple : absence daffichage obligatoire dans les magasins,
possibilité de fixer des prix différents selon ses
destinataires, de vendre à perte, de nouer des ententes,
etc. Il existe même des possibilités de prix différents
pour étrangers et nationaux dans certains secteurs (i.e.
tourisme, restauration, transports...), bien que ceci tende à
disparaître avec lharmonisation européenne. En
Hongrie, certains campings facturent jusquà cinquante
euros par jour pour un emplacement le long du lac Balaton, tandis
que des touristes danois se sont vu facturer 6 000 dollars à
Budapest pour un repas pour quatre personnes dans un restaurant
où les prix nétaient pas indiqués [1].
Grâce au principe de la différenciation,
les firmes ne sont pas directement contraintes par un prix de marché
qui simposerait à elles et elles peuvent donc mettre
en uvre des stratégies pour fixer les prix. Dans les
PECO, la fixation des prix est loin datteindre la sophistication
des pays occidentaux [2]. La tarification différenciée
(droits dentrée, prix différents dans la durée
ou selon les types de consommateurs
), qui permet de semparer
dune partie du surplus du consommateur, est quasi-inexistante.
Même la stratégie du cost-plus consistant à
ajouter une marge au coût de production est impossible car
les firmes ne tiennent en général pas de comptabilité
analytique et ne connaissent donc pas leurs coûts réels
de production.
La fixation du prix est en pratique très
artisanale. En raison du pouvoir dachat limité dans
la zone, le prix, premier facteur dachat, doit être
bas. Cependant, les consommateurs continuent de croire quun
produit plus cher est de meilleure qualité. Les facteurs
psychologiques jouent également : un prix de 9,90 zlotys
est 1 % inférieur à 10 zlotys mais les ventes seront,
toutes choses égales par ailleurs, supérieures de
plusieurs pourcents. En jouant sur le seul effet-prix, le magasin
Ikea de Budapest a observé une augmentation de ses ventes
de 35 % en 2002 après avoir baissé ses prix de seulement
12 %. Mc Donalds applique avec succès une autre stratégie
dans ses quelque quatre cents restaurants dEurope centrale
et orientale. Les prix sont dabord bas pendant la première
année, afin de créer un besoin et de fidéliser
un public aussi large possible, puis ils augmentent lentement mais
sensiblement pour atteindre en quelques années le prix maximum,
soit environ 50 % de ceux pratiqués dans les pays occidentaux.
Pendant des années, des distributeurs occidentaux
et notamment allemands ont profité des préjugés
positifs sur leurs produits pour écouler leurs invendus.
Désormais, ceux-ci sadressent à des consommateurs
plus mûrs et ils doivent justifier par une qualité
supérieure leur différentiel de prix par rapport aux
produits fabriqués localement.
La fixation des prix des produits étrangers
dépend également de la politique de tarification internationale
de la firme. La plupart choisissent un positionnement international
unique, ce qui implique un prix variable selon les conditions de
change et les caractéristiques de loffre et de la demande
dans chaque pays. Cependant, il est recommandé en Europe
centrale et orientale de pratiquer une politique de prix homogène,
car les différentiels de prix entre les pays sont rapidement
exploités par des trafiquants ou de simples commerçants
qui mettent en place des réseaux parallèles dexportation
et de distribution.
Les marges
Depuis 1989, les producteurs occidentaux souhaitant
diffuser leurs produits dans les PECO sont confrontés à
un grand nombre dintermédiaires demandant des marges
élevées, mais la situation tend à se normaliser
à mesure que les étrangers investissent le secteur
de la distribution.
Pour la majorité des biens de consommation
courants, la marge de limportateur se trouve généralement
dans une fourchette de 10 à 20 %. Les marges des distributeurs
sont similaires à celles obtenues dans les pays dEurope
occidentale, avec un taux moyen denviron 15 à 20 %.
Des différences existent selon les régions, les plus
fortes marges étant pratiquées dans les capitales,
compte tenu du pouvoir dachat supérieur de la population
et de la présence importante de touristes. De même,
les points de distribution détenus par des Occidentaux réalisent
des marges supérieures à celles des locaux. Cependant,
les chiffres exacts sont mal connus et la plupart des magasins nont
pas didée précise sur la réelle rentabilité
de leurs produits.
Tableau 4.1. Coût dorigine et prix
en magasin pour un produit moyen vendu à Ljubljana
Prix de vente du fabricant (CIF à Ljubljana)
SIT 100
Droits de douane
15 %
Marge du distributeur
17 %
Marge du commerce de gros
13 %
Marge du commerce de détail
25 %
TVA |
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