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Le changement denvironnement économique
a profondément modifié les compétences requises,
ce qui nécessite dans chaque entreprise des embauches mais
également des licenciements.
Les modes et les méthodes de recrutement
dans les PECO diffèrent sensiblement de ceux utilisés
dans les pays occidentaux. En général, les embauches
sont réalisées dans lentourage des recruteurs
ou des membres du personnel, le plus souvent par le bouche à
oreille. Les processus de recrutement sont relativement simples
: les CV sont souvent facultatifs, les lettres de motivation rares
et les analyses graphologiques ou tests de type Rorschasch inconnus.
Dans la pratique, les postulants téléphonent et se
rendent le cas échéant sur place pour des entretiens
informels. Les petites annonces sont également devenues un
moyen efficace de recrutement, à la fois pour les employeurs
et les chercheurs demploi. En revanche, les individus font
encore peu appel aux agences de recrutement, dont la qualité
des services laisse à désirer.
Dune manière générale,
les entreprises des PECO n'ont pas achevé leur restructuration
et restent en situation de suremploi [6]. Pour des raisons defficacité
économique, il est aujourdhui nécessaire doccuper
ration-nellement le personnel, fréquemment sous-utilisé,
ou à défaut de se résoudre à réduire
les effectifs. Les licenciements secs permettraient en théorie
datteindre cet objectif, mais il sagit dun acte
de gestion risquant de nuire gravement au climat social et à
limage des firmes, lorsquil nest pas accompagné
de mesures complémentaires favorables telles que loutplacement
ou les primes au départ. D'autre part, les personnes qui
quittent l'entreprise emportent avec elles leurs contacts commerciaux.
Lexpérience polonaise de Gerber constitue
un modèle de réduction des effectifs dans les PECO.
En février 1992, la firme américaine achète
une entreprise dEtat à Rzezsow afin dy produire
de la nourriture pour bébés et des jus de fruits.
Le gouvernement polonais fixa comme condition lobligation
de conserver pendant dix-huit mois les mille deux cents ouvriers
de lusine acquise, clause classique dans les contrats de ce
type. A lissue de cette période, les dirigeants de
Gerber ont proposé une prime de départ égale
à dix-huit mois de salaire [7], afin dalléger
denviron trois cents personnes leffectif. En fait, quatre
cent soixante dix personnes lont accepté, ce qui a
coûté 2,5 millions de dollars à la firme, soit
deux mois de ventes, mais a permis déconomiser 1 à
1,5 million de dollars par an et a fortement contribué à
améliorer la productivité et même la notoriété
du groupe.
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[6] Sous le communisme, l'emploi résultait
des besoins planifiés, mais également du principe
selon lequel chacun devait travailler ; en conséquence, les
firmes étaient le plus souvent submergées de main-d'uvre
alors que leur volume d'activité ne nécessitait pas
autant de personnel. Le transitologue J. Kornai parle à ce
sujet de chômage non pas à lextérieur
mais à lintérieur des firmes.
[7] Le salaire mensuel moyen était
de 312 dollars.
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