|
Dans les firmes en transition, les problèmes
de commandement et de motivation de la main-duvre sont
fréquents. Les managers étrangers sont accusés
de se présenter en tant que diffuseurs de savoir, voire en
tant que colonisateurs [10], tandis que les dirigeants locaux ne
parviennent généralement pas à emporter ladhésion
du personnel à cause de leurs habitudes autoritaires. Les
managers et les cadres locaux convertis aux nouvelles méthodes
de management ne sont guère plus efficaces, certains dentre
eux, les « workaholics », étant même atteints
par livresse du travail et frappés par de surmenages.
Dautres dysfonctionnements apparaissent, tels que labsentéisme,
surtout féminin [11], et la dégradation du taux de
rotation de la main-duvre.
Dune manière générale,
le personnel intègre mal le management participatif, qui
demande didentifier ses buts à ceux de lentreprise,
et la notion dobjectifs, qui peuvent changer instantanément
de proportion ou de nature. De même, la culture dentreprise
et la loyauté vis-à-vis de lentreprise ne sont
pas inscrites dans les mentalités. Il est en effet naturel
pour un employé de quitter son entreprise après y
avoir reçu une formation ou de rejoindre un concurrent et
de lui divulguer toutes sortes dinformations sur son précédent
employeur.
La communication interne nest guère
efficace dans un contexte où quarante ans de désinformation
ont généré une méfiance naturelle vis-à-vis
des messages et des promesses de la direction. Dans la pratique,
les membres du personnel ressentent comme des agressions les participations
forcées aux projets d'entreprise ou autres outils de communication,
mais ils apprécient les panneaux d'affichage, les tribunes
libres, les boîtes à idées, etc.
Lanimation déquipes multiculturelles
dans les PECO se traduit souvent par des blocages et des incompréhensions
réciproques. Le motif le plus couramment évoqué
est dordre culturel. A partir des résultats dun
questionnaire administré dans les implantations dIBM
à travers le monde, G. Hostede [12] a très bien montré
lethnocentrisme des Occidentaux et notamment des Américains
dans leurs pratiques de management dont ils jugent la validité
universelle, mais qui sont en fait culturellement biaisées.
Ainsi le succès de la Direction par Objectifs aux Etats-Unis
repose-t-il moins sur les qualités intrinsèques de
cette recette de management que sur le fait que la société
américaine est extrêmement individualiste. Les apports
dHofstede et du management interculturel aident à comprendre
la rationalité de certaines pratiques de management que les
Occidentaux jugent irrationnelles. Par exemple, la planification,
les rémunérations égalitaires, le rôle
social de lentreprise ou le recours limité au travail
en équipe ne sont pas des anachronismes managériaux
mais bien des réponses spécifiques à lenvironnement
des PECO.
Dans les firmes biculturelles, les dirigeants
étrangers doivent autant agir sur la main-d'uvre du
pays que sur eux-mêmes, afin d'aboutir à des processus
d'apprentissages réciproques. Des modus vivendi sont créés
entre des communautés qui ne partagent pas les mêmes
conceptions du travail et de lorganisation. Pour rendre les
cultures mutuellement compatibles, il faut accepter de ne pas heurter
de front les traits les plus résistants des diverses formes
de culture, de perdre du temps_ et accessoirement des marchés_
et de persévérer afin daccroître les chances
de longévité des firmes.
Tableau 4.5. Programmes mentaux dans les PECO
|
|
Distance
hiérarchique
|
Individualisme
|
Masculinité
| |
IMPORTANT !
Cette version de Centreurope.org est présentée à titre d'archive et n'est plus actualisée.
Pour des informations à jour et renouvelées, veuillez consultez nos sites :
|