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Dans les PECO, le système bancaire et financier
ne remplit pas efficacement son rôle de réallocation
des ressources. Les banques accordent peu de crédits et à
des taux prohibitifs, et les bourses des valeurs apparaissent davantage
comme des espaces de spéculation que comme des outils de
financement des économies locales. Les obligations à
long terme sont rares, le gouvernement hongrois ayant émis
en 2000 la première obligation à dix ans, alors quauparavant
la maturité de tels titres ne dépassait pas les cinq
ans. Le financier George Soros a développé un paradigme
selon lequel le Mur dacier qui avait divisé lEurope
pendant près de cinquante ans avait été remplacé
par un Mur financier. Dun côté se trouvent les
pays pouvant emprunter et payer leurs dettes et de lautre
ceux qui risquent dêtre mis au ban de lEurope
financière, sils savèrent incapables de
rembourser leurs Eurobonds. Logiquement, les taux dintérêt
pratiqués dans les PECO incorporent une forte prime de risque
par rapport à ceux dEurope de louest, ce qui
incite les ménages à épargner et dissuade les
firmes locales dinvestir.
Les monnaies des PECO sont désormais totalement
convertibles et leurs cours ne sont plus marqués par
des variations imprévisibles de grande ampleur. Quatre
voies différentes ont été choisies par
les pays de la région pour sinsérer dans
le système monétaire international. Le système
le plus rigide est le currency board, actuellement en cours
en Estonie, Bosnie-Herzégovine et Bulgarie.
La valeur de la monnaie locale est fixée par rapport
à une devise étrangère et la création
monétaire nest possible que dans la limite des
réserves de change détenues par la banque nationale
du pays donné, ce qui limite de facto linflation
mais réduit considérablement la marge de manuvre
en termes de politiques monétaire et budgétaire
des gouvernements [1]. Plus souple, le peg autorise des variations
à lintérieur de bandes de fluctuations définies
par rapport à une monnaie ou à un panier de monnaies.
Cette option est difficilement tenable à terme face aux
spéculateurs [2], ce qui a notamment conduit aux dévaluations
des couronnes tchèque et slovaque. Le forint hongrois
et dautres monnaies des PECO évoluent selon le
principe du crawling peg, qui est une indexation par rapport
à une ou plusieurs monnaies, réajustée
périodiquement en fonction des différentiels dinflation
entre le pays donné et le pays de référence.
La dernière possibilité est de laisser flotter
la monnaie, comme le zloty polonais, mais les pays pratiquent
en général un flottement plus ou moins contrôlé
dit « impur », afin de préserver un minimum
de stabilité des changes.
Tableau 4.3. Evolution des taux dintérêt
dans les PECO
|
Taux interbancaire de base (%)
|
1990
|
1995
|
1998
|
2002
|
|
Bulgarie
|
_
|
38,6
|
5,2
|
3,3
|
|
Croatie
|
_
|
8,5
|
5,9
|
4,5
|
|
Rép. tchèque
|
_
|
9,5
|
7,5
|
3,6
|
|
Hongrie
|
20,0
|
27,5
|
17
|
9,2
|
|
Pologne
|
48,0
|
25,0
|
18,3
|
6,75
|
|
Roumanie
|
3,0
|
47,2
|
35
|
23
|
|
Slovaquie
|
_
|
9,8
|
8,8
|
7,8
|
|
Slovénie
|
_
|
10,0
|
10
|
5,3
|
Source : Banque Centrale Européenne, 2003
Tableau 4.4. Taux de change des monnaies en Europe
centrale et orientale
|
Taux de change par rapport au dollar
|
Janvier 2003
|
Novembre 1998
|
|
Bulgarie
|
1,86
|
1 686,2
|
|
Croatie
|
7,20
|
6,3
|
|
Rép. tchèque
|
29,9
|
30,2
|
|
Estonie
|
14,88
|
13,5
|
|
Hongrie
|
223
|
219
|
|
Lettonie
|
0,58
|
0,6
|
|
Lituanie
|
3,28
|
4
|
|
Pologne
|
3,83
|
3,5
|
|
Roumanie
|
33 725
|
9 955
|
|
Slovaquie
|
39,2
|
36,7
|
|
Slovénie
|
220,7
|
162,8
|
Source : cours officiels, 2003
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[1] Le système du currency board ne
garantit pas automatiquement la stabilité du commerce extérieur.
Par exemple, la fixation du lev à 0, 51 euro est source de
déséquilibre pour léconomie bulgare car
les échanges sont essentiellement réalisés
en dollars.
[2] Les spéculateurs
attendent quune monnaie se rapproche de la limite inférieure
admise, souvent à la suite du creusement du déficit
commercial ou dun dérapage de linflation. Il
leur suffit ensuite de se placer en position de vendeur sur la monnaie
attaquée, ce qui contribue à laffaiblir et provoque
une perte de confiance des agents économiques qui sempressent
déchanger de la monnaie nationale contre des devises.
Les Banques centrales nationales achètent en contrepartie
leur propre monnaie, jusquà lépuisement
de leurs réserves de change, et les monnaies attaquées
finissent en principe par dévaluer. Le spéculateur
en profite pour équilibrer ses positions en rachetant la
monnaie au cours dévalué et donc réaliser une
substantielle plus-value.
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