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Depuis le milieu des années 1990, la plupart
des investisseurs en Europe centrale sont entrés dans une
nouvelle logique, commerciale, qui succède aux investissements
financiers et industriels.
Pour semparer des marchés locaux,
lexportation est dans de nombreux secteurs inefficace ou impossible
et une implantation locale est indispensable. Cest notamment
le cas du secteur de la téléphonie où les leaders
occidentaux se disputent les concessions offertes dans le cadre
de la privatisation des télécommunications dans les
PECO, ainsi que celui de la grande distribution où un groupe
de moyenne importance tel que Géant Casino a pu se fixer
pour but de construire vingt supermarchés ou hypermarchés
en Pologne sur dix ans pour un montant de 580 millions de dollars.
Le choix du pays ou de la région-cible
dépend du secteur dactivité de linvestisseur,
ainsi que des opportunités qui soffrent à lui.
Selon M. Porter, lentrée doit avoir lieu sur un marché
fortement concurrentiel et composé de consommateurs exigeants,
afin dêtre poussé à lefficience.
Remplissant ces caractéristiques, la Pologne est avec 35
% des IDE en Europe centrale et orientale en 2002 le principal pays
destinataire des investissements à but commercial. Contrairement
aux marchés hongrois et tchèque déjà
en partie saturés, ou aux autres dEurope centrale,
trop petits ou trop pauvres, la Pologne bénéficie
avec ses trente-huit millions dhabitants dun large marché
à fort potentiel. Il sagit dailleurs du seul
PECO classé « Big emerging market » par le ministère
des Affaires étrangères des Etats-Unis. Encore à
dominante rurale il y a quelques années, ce pays est le premier
à être sorti de la récession et cest lui
qui a connu la modernisation la plus rapide. La main-duvre,
les camions et les entrepôts y abondent ; la population est
relativement jeune, désireuse de consommer et répartie
sur plusieurs dizaines de grandes villes qui constituent autant
de marchés potentiels [5].
Fréquemment, les implantations dans un
pays dEurope centrale et orientale visent un marché
donné, mais également les marchés voisins,
puisque les pays membres de lACELE ont supprimé les
droits de douane internes frappant la majorité des produits
et facilité les échanges douaniers. Par exemple, une
firme située à Ostrava en République tchèque
permet daccéder à la fois au marché polonais
et au marché tchèque. Du point de vue des firmes non
européennes, limplantation dans un pays dEurope
centrale et orientale signifie même davantage quun simple
accès aux marchés locaux. Grâce aux accords
entre les PECO et lUE qui en font une zone proche du libre-échange,
les Japonais ou les Américains choisissent de plus en plus
un pays dEurope centrale comme point de départ dune
stratégie de pénétration des marchés
européens. Ainsi la filiale slovaque de Matsushita exporte-t-elle
80 % de sa production en Allemagne, tandis que laméricain
Motorola a choisi les environs de Cracovie pour sa première
implantation en Europe et quun nombre considérable
de firmes souvrent les portes de lAutriche depuis Gyor
en Hongrie.
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[5] Ce dernier avantage
est considérable dans le sens où les voies de communication
autant routières que téléphoniques sont de
mauvaise qualité. Les grossistes ou les distributeurs, dont
les moyens sont limités, ne sont généralement
pas en mesure de couvrir lintégralité du pays,
comme cest le cas également en Roumanie.
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