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A partir des années 1994-1995, la Hongrie
paie les frais des lenteurs de ses réformes et se retrouve
en situation de quasi-faillite. La politique daustérité
menée par L. Bokros, célèbre pour son impopularité,
dissuade la venue de nouveaux investisseurs qui se tournent alors
vers dautres pays. Dès le début des années
1990, il est fait référence au miracle tchèque,
qui consacrait le retour au premier plan du fleuron industriel des
pays de lEst. La logique des investisseurs devenait alors
industrielle : il sagissait de bénéficier des
opportunités dachats de firmes compétitives
et possédant une main-duvre très qualifiée
et peu chère. La bataille autour de Skoda et dautres
fleurons en devenait symbolique, mais très vite la Pologne,
la Hongrie et la Slovaquie se sont avérées aussi avantageuses
que la République tchèque en termes defficacité
productive.
Des avantages comparatifs existent dans les PECO
pour de nombreux secteurs fortement utilisateurs de main-duvre
: industrie textile et habillement, ameublement et industrie
du bois, automobile, métallurgie de base, etc. Ainsi,
pour une qualification similaire, le salaire hebdomadaire moyen
versé en 2002 par Volkswagen sélève
à 195 dollars à Vienne, contre seulement 51 à
Bratislava, 73 à Prague, 103 à Zagreb et 172 à
Moscou.
Les délocalisations axées sur le facteur coût
concernent essentiellement des firmes européennes et
notamment allemandes qui sous-traitent certaines activités
dans leurs filiales des PECO, et réimportent leur production
sous forme de produits semi-finis [3]. A titre dexemple,
le groupe automobile Audi possède sa plus grande filiale
de production de moteurs au monde à Gyor (Hongrie) [4],
tandis que lannée 1998 a vu linauguration
de la onzième implantation de Siemens en Slovaquie, qui
y emploie déjà 6000 personnes.
Ce type dinvestissements, dont le but est
la réduction des coûts de production, devient cependant
de moins en moins courant du fait de la hausse des salaires réels
dans les pays dEurope centrale. Cest notamment le cas
en Slovénie, qui présente un profil de pays de sous-traitance
avec une main-duvre hautement qualifiée et productive,
mais où le niveau prohibitif atteint par les salaires limite
lintérêt des investissements de production. Les
activités de production et de sous-traitance tendent désormais
à se reporter vers les pays à bas salaires dEurope
orientale. Ainsi, le fabricant de chaussures slovaque Jas Bardejov
est-il obligé face à la concurrence asiatique de sous-traiter
sa production en Ukraine.
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[3] Les phases du process
de production créant le plus de valeur ajoutée (assemblage,
recherche, etc.) étant exécutées dans le pays
dorigine, les produits finis sont considérés
comme locaux en termes dorigine douanière, ce qui les
exempte de quotas dexportation et de droits de douane au sein
du marché unique.
[4] Celle-ci sétend
sur une distance égale à quarante terrains de football,
soit, selon le directeur du groupe : « plus loin que lil
ne peut voir ».
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