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Un moyen courant pour estimer le pouvoir dachat
est de recourir au critère du PIB par habitant en parité
de pouvoir dachat. En éliminant linfluence des
différences de prix selon les pays, cet indicateur permet
des comparaisons au niveau international de ce que chaque citoyen
peut acheter. Cependant, les calculs des PIB sont très approximatifs
et la valeur ajoutée, qui est au cur du calcul du PIB,
nest pas un indicateur fiable pour mesurer la richesse [2].
De plus, les revenus disponibles réels dépassent largement
les estimations officielles, du fait de l'importance de l'économie
parallèle. Dune part, de 10 % à 40 % de la population
active selon les pays occupent deux ou trois emplois simultanément,
dont un au plus est officiel. Dautre part, les foyers les
plus aisés disposent de considérables revenus fonciers,
financiers ou occultes, qui ne sont jamais déclarés.
Enfin, même les ménages les plus modestes pratiquent
lautoconsommation et le troc ou reçoivent des prestations
et des avantages en nature dans leur entreprise. Pour ces raisons,
la plupart des firmes qui souhaitent estimer le pouvoir dachat
des populations locales nutilisent pas les statistiques officielles
disponibles mais conduisent elles-mêmes leurs enquêtes
sur le terrain.
Daprès des enquêtes du service
de lUnion européenne Eurostat, le pouvoir dachat
en 2002 des dix PECO candidats à ladhésion
est de 40 % de la moyenne communautaire, les taux séchelonnant
de 69 % pour la Slovénie à 22 % pour la Bulgarie.
Cependant, en Europe centrale et orientale, la notion de pouvoir
dachat ou de revenu moyen a peu de signification, tant
les disparités se creusent entre les riches et les autres
(cf. tableau 3.2). D'une manière générale,
la masse des populations vivent dans la pauvreté, tandis
que le tiers environ des foyers possèdent des revenus
leur permettant un comportement de classes moyennes et que 5
à 10 % peuvent être qualifiés de riches.
Selon les méthodes de calcul de l'ONU,
entre 10 et 30 % de la population des pays concernés vit
sous le seuil de pauvreté [3]. Hormis en Pologne où
les pensions reçues tendent à augmenter sensiblement,
les retraités sont mis au ban de la société.
De même, les salaires minimum garantis se situent à
des niveaux plusieurs fois inférieurs aux salaires moyens.
En Slovaquie par exemple, seuls un quart des demandeurs demploi
perçoivent des allocations de chômage mensuelles, qui
s'élèvent à un environ 2 500 SKK (60 euros)
en moyenne, soit un cinquième du salaire moyen slovaque.
A lopposé, les nouveaux riches, souvent appelés
de manière péjorative « lumpenbourgeoisie »,
se composent d'entrepreneurs ou de rentiers qui ont le plus souvent
bénéficié des restitutions des biens réquisitionnés
par l'Etat à partir de 1945 [4]. En ce qui concerne les classes
moyennes, leur situation saméliore en Pologne, où
le pouvoir d'achat moyen a presque doublé en cinq ans, tandis
quelle est stable en Slovénie, Hongrie, Slovaquie et
dans les pays baltes et quelle se dégrade dans tous
les autres PECO.
Tableau 3.1. PIB par habitant en parité
de pouvoir dachat dans les PECO (2003)
| Rang/231 |
Pays |
USD/habitant |
| 127 |
Albanie |
4 500
|
| 139 |
Arménie |
3 800
|
| 143 |
Azerbaïdjan |
3 500
|
| 89 |
Biélorussie |
8 200
|
| 174 |
Bosnie-Herzégovine |
1 900
|
| 101 |
Bulgarie |
6 600
|
| 82 |
Croatie |
8 800
|
| 67 |
Estonie |
10 900
|
| 148 |
Géorgie |
3 100
|
| 59 |
Hongrie |
13 300
|
| 87 |
Lettonie |
8 300
|
| 86 |
Lituanie |
8 400
|
| 121 |
Macédoine (FYROM) |
5 000 |
| 76 |
Pologne |
9 500
|
| 53 |
République tchèque |
15 300
|
| 161 |
Rép. de Moldova |
2 500
|
| 96 |
Roumanie |
7 400
|
| 78 |
Russie |
9 300
|
| 164 |
Serbie et Montenegro |
2 370
|
| 61 |
Slovaquie |
12 200
|
| 47 |
Slovénie |
18 000
|
| 128 |
Ukraine |
4 500
|
| 91 |
Monde |
7 900
|
Source: CIA World Factbook, 2004
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[2] Nombre dactivités
sont créatrices de valeur ajoutée, et non de richesse.
Par exemple, la Fédération de Serbie-Montenegro connaît
depuis le début de sa reconstruction une augmentation de
son activité dans le bâtiment et dans les soins médicaux,
mais le fait de reconstruire ce qui a été détruit
ou de soigner des victimes de la guerre najoute en rien à
la richesse du pays.
[3] Il sagit du
revenu minimum en dessous duquel il est possible dexister
(manger, boire...), mais pas de vivre socialement (consommer des
loisirs...).
[4] A ce jour, seuls
les gouvernements tchèque et dans une moindre mesure slovaque
ont traité de manière extensive cette question, le
processus restant assez lent en Slovénie et au point mort
en Pologne.
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