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Dans les pays dEurope centrale, lactivité
économique est essentiellement générée
par le secteur privé. Celui-ci est composé de nouvelles
firmes, principalement apparues dans le secteur tertiaire sous la
forme de petits commerces, ainsi que de firmes privatisées.
En tant quoutil permettant de redistribuer les droits de propriété
dune manière efficace, la privatisation constitue la
pierre angulaire de la transition. Si le processus est encore en
cours en Pologne, il est achevé en République tchèque
[1] et en Hongrie, où la privatisation de certains services
publics tels que les télécommunications ou la distribution
dénergie est plus avancée que dans nombre de
pays dEurope de lOuest.
La première étape de la privatisation
a consisté à restituer les terres et les petites entreprises
à leurs propriétaires connus ou aux personnes qui
y travaillaient. Cette voie nétant pas praticable pour
les grandes entreprises, plusieurs formules ont été
testées. Développée par les Tchécoslovaques
[2] et les Russes, la méthode par coupons a permis une privatisation
de masse, mais elle a rapporté peu de capitaux aux Etats
et na pas créé dactionnariat suffisamment
puissant pour imposer la restructuration des entreprises. En Hongrie,
en Pologne et en République tchèque, les autorités
locales ont « bradé » leurs joyaux industriels
aux investisseurs étrangers, tout en consentant à
ces derniers divers avantages fiscaux ou administratifs. Des bénéfices
immédiats sen sont ressentis au niveau des transferts
de technologie, de la productivité nationale ou du renflouement
des caisses publiques, mais les pays en question se trouvent désormais
en situation de dépendance dans la conduite de leur politique
industrielle vis-à-vis des firmes étrangères
implantées sur leur territoire.
Les Slovaques et les Slovènes ont quant
à eux choisi la voie nationale pour la privatisation. Jusquen
1998, le gouvernement slovaque a réalisé la privatisation
en excluant presque systématiquement les étrangers
et en offrant des conditions très avantageuses à lentourage
du pouvoir. En Slovénie, une nette préférence
a pendant longtemps été donnée aux capitaux
nationaux lors du processus de privatisation. Lobjectif était
de réaliser le rachat des entreprises par les salariés,
souvent à titre quasi-gratuit, ce qui explique que début
2003, lEtat contrôlait encore la moitié environ
des grandes entreprises du pays.
En Europe orientale et balkanique, le processus
de privatisation est moins avancé. La Roumanie et dans
une certaine mesure la Bulgarie
tentent de céder leurs plus grandes entreprises, mais
ces actions sont freinées par le manque dacheteurs.
Si les prix sont en général modérés,
voire symboliques (1 dollar) lorsque lendettement à
reprendre est élevé, la viabilité économique
des firmes proposées est souvent incertaine.
Tableau 2.6. Part du secteur privé dans
le PIB dune sélection de pays dEurope centrale
et orientale, mi-2002
|
Pays
|
%
|
Pays
|
%
|
|
Bulgarie
|
50
|
Slovaquie
|
82
|
|
République
tchèque
|
80
|
Slovénie
|
55
|
|
Hongrie
|
85
|
Roumanie
|
65
|
|
Pologne
|
72
|
|
Source: Governmental Centre for Strategic Studies,
octobre 2002
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[1] La République
tchèque a eu des difficultés à achever la privatisation
de son secteur bancaire, ce qui pose des difficultés compte
tenu de sa mauvaise santé générale. LEtat
a même été contraint dassurer le sauvetage
de plusieurs banques, compagnies dassurance ou conglomérats,
ce qui a de fait conduit à leur renationalisation.
[2] Chaque adulte pouvait
acquérir pour une somme de mille couronnes tchécoslovaques
(soit trente Euros) un carnet composé de coupons représentant
des parts de fonds dinvestissement. Ces derniers étaient
chargés de collecter lépargne des citoyens et
de linvestir dans les firmes en cours de privatisation. Le
prix de mille couronnes avait été fixé très
en dessous de la valeur réelle des firmes privatisées,
afin de subventionner leur acquisition par la population.
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