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Laffirmation des libertés publiques
et économiques
En opposition aux restrictions imposées
sous le communisme, les principales libertés publiques et
économiques sont reconnues comme des principes fondamentaux
par toutes les constitutions des pays dEurope centrale et
orientale. En pratique, il sagit cependant de libertés
qui excluent parfois certaines catégories de population.
Ainsi la qualité de fonctionnaire de la plupart des administrations
en Lituanie ne peut-elle être attribuée aux citoyens
russes de Lituanie. De même, laffichage en public de
son homosexualité est-il puni pénalement en Roumanie.
Les articles des constitutions défendant
la libre entreprise sont prolongés dans la plupart des PECO
par des lois favorisant la libre concurrence et le rapatriement
des profits. Dune manière générale, ce
libéralisme résulte moins de convictions profondes
des rédacteurs des textes que de leur volonté de suivre
le processus dharmonisation juridique européenne, ceci
afin de respecter les exigences pour lentrée dans lUnion
européenne.
La propriété
intellectuelle et industrielle
Le respect de la propriété intellectuelle
et industrielle est une des conditions sine qua non pour quune
économie soit considérée comme attractive
et performante. La plupart des pays dEurope centrale et
orientale ont ratifié les principales conventions (Berne,
Paris, etc.) et se sont engagés à respecter la
propriété intellectuelle et industrielle. Cependant,
la protection effective souffre dinefficiences. Ainsi
Adidas et Reebok affirmaient-ils avoir subi en 1996 une perte
estimée à dix millions de zlotys en Pologne, du
fait de lusage abusif de leurs marques [1]. La protection
industrielle savère globalement insuffisante en
République tchèque et en Estonie, tandis quen
Hongrie les principales contrefaçons concernent particulièrement
le secteur pharmaceutique et les médicaments. Le piratage
informatique, qui touche malgré des lois sévères
tous les PECO, atteint en Bulgarie
et en Roumanie un niveau comparable à celui de lInde,
de la Chine ou de la Russie.
Il est ainsi très facile de se procurer en plein centre
de Sofia (Slavejkov) ou de Bucarest (Place de lUniversité)
des copies parfaites de milliers de CD classiques et contemporains,
mais également des versions récentes des meilleurs
logiciels de bureautique ou de jeux sur CD Rom, le tout pour
des sommes allant de trois à dix dollars.
Lapplication des lois : un arsenal juridique
inadapté
Contrairement à léconomie et
au système politique, le secteur du droit a été
négligé dans la transition. En apparence, les pays
dEurope centrale et orientale ont conclu de nombreux accords
avec des pays étrangers (conventions fiscales, reconnaissance
des actes juridiques
) et possèdent des arsenaux juridiques
développés. Cependant, le nouvel ordre juridique instauré
savère inefficace. Le législateur a mis en place
un cadre flou, dans lespoir que la pratique tendrait vers
les meilleures solutions mais certains domaines tels que la réglementation
financière sont aujourdhui inadaptés, y compris
dans les pays les plus avancés comme la Slovénie ou
la République tchèque.
Dix ans après le début des réformes,
seule la Hongrie dispose dun système légal
et réglementaire relativement efficace. Dans tous les
autres pays, le cadre juridique est compliqué, lourd
et incohérent, dans le sens où il mêle des
textes qui étaient en vigueur sous le communisme avec
dautres édictés depuis 1989. Il faut ajouter
que les lois peuvent être changeantes, comme par exemple
en Lituanie ou en Bulgarie,
ou supplétives [2], comme en Hongrie ou en République
tchèque, ce qui aboutit à des situations où
les praticiens eux-mêmes se perdent. Pour finir, la jeunesse
de la jurisprudence ne permet pas de combler les situations
que la loi ne peut pas prévoir, ce qui place les tribunaux
locaux devant de fréquentes impasses.
Des tribunaux inefficaces
Les tribunaux en Europe centrale et orientale jouissent
dune mauvaise réputation, souvent justifiée.
Ils souffrent des incohérences des arsenaux juridiques, des
problèmes budgétaires et bureaucratiques de tout le
secteur public, mais également de difficultés propres
à ladministration judiciaire.
Les citoyens témoignent dune forte
appréhension vis-à-vis de la justice, dont le fonctionnement
est opaque. Du fait dune faible habitude de recourir aux tribunaux,
la plupart des conflits sont traités à lamiable.
Lorganisation des systèmes judiciaires est peu différenciée,
la plupart des pays ne distinguant pas les cas civils des cas commerciaux
ou prudhomaux. Le corps des magistrats est majoritairement
composé de juges ayant acquis leurs réflexes juridiques
sous le communisme ou de jeunes juges peu expérimentés.
La justice pratiquée est généralement considérée
comme inégale et arbitraire, et certains principes tels que
la présomption dinnocence ne sont guère appliqués.
Dans la plupart des PECO, les données ne
sont pas informatisées et traiter un cas nécessite
entre deux et cinq ans. De plus, le gain éventuel dun
procès peut savérer insuffisant, dans le sens
où les juges disposent de peu de moyens pour exiger lexécution
de la sentence [3]. Il est notamment rare que des firmes étrangères
obtiennent une indemnisation quelconque à la suite dune
décision dun tribunal en leur faveur, lorsque le partenaire
local na pas honoré ses engagements. La situation est
telle que lancien ministre tchèque de la justice, J.
Baxa, considère que son pays « nest pas un Etat
de droit » [4], remarque qui peut sans difficulté
être étendue aux pays voisins. Cependant, les réformes
judiciaires sont partout en cours, en partie financées par
des programmes daide de de l'Union européenne et de
la Banque mondiale.
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[1] Le gouvernement
polonais tend cependant désormais à lutter contre
les contrefaçons, ce qui a décidé des entreprises
telles que Walt Disney à ouvrir un bureau de représentation
en Pologne.
[2] Les textes supplétifs
ne sappliquent que lorsquil nexiste pas de dispositions
contraires dans le même domaine.
[3] Ceci concerne essentiellement
les affaires civiles et commerciales. Les affaires criminelles sont
en général traitées efficacement.
[4] in Business Central
Europe, nov. 1998.
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