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L'inflation et le chômage

Dès les premiers moments de la transition, la libéralisation des prix engendra une très forte inflation, voire une hyper-inflation en Pologne, dans la plupart des pays balkaniques et dans les pays baltes. La hausse des prix a résulté de la conjugaison de deux phénomènes : une offre trop rigide à court terme pour répondre à la croissance de la demande, motivée par la naissance de la société de consommation et par le phénomène d’érosion monétaire ; des gouvernements recourant à la création monétaire pour satisfaire les nouveaux besoins des populations. Cette hausse des prix a bouleversé les populations, qui n’avaient pas vu le prix de certains biens bouger pendant quarante ans, mais elle a également déstabilisé les économies nationales, dissuadé les investisseurs étrangers et appauvri les pays en question. Désormais, le problème de l’inflation est globalement maîtrisé en Europe centrale et orientale.

Tableau 2.3. Taux d’inflation annuel (fin d’année) en Europe centrale

Pays

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

Bulgarie

62,0

123,0

748,6

39,9

2,6

10,3

7,3

5,9

Rép. tchèque

9,1

8,8

9,5

6,8

2,1

3,9

4,5

4

Hongrie

28,2

23,6

17,0

10,3

10,9

9,7

9,2

5,8

Pologne

21,6

18,5

13,2

8,6

8,0

10,2

5,5

2

Roumanie

32,0

39,0

151,4

40,6

50,2

45,7

34,5

23

Slovaquie

9,9

5,8

6,4

5,6

10,5

12

7,1

3,4

Slovénie

12,6

9,7

9,1

6,4

7,5

8,9

8,5

6,5

Source: Banques nationales des pays concernés, 2003

De même que l’inflation, le chômage est un ajustement provoqué par le passage à l’économie de marché et plus précisément par la mise en faillite des entreprises non rentables ainsi que par les licenciements au sein de firmes en situation de suremploi. Les taux officiels s’échelonnent de 8 à 23 % des populations actives, mais les niveaux de chômage réel se situent dans tous les PECO dans des fourchettes plus restreintes. En Estonie, les 5 % de chômeurs recensés par le Gouvernement à la fin des années 1990 correspondaient en fait à près de 11 % lorsque les demandeurs d’emploi étaient comptabilisés selon les normes internationales. A l’opposé, en Slovénie et en Slovaquie, les taux de chômage incorporent une fraction importante de personnes qui se déclarent chômeurs mais qui travaillent clandestinement.

Tableau 2.4. Taux de chômage dans certains PECO

Pays

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

Bulgarie

11,1

12,5

16,5

12,2

16

16,4

19,5

18,3

Croatie

14,5

16,4

16,5

18,2

20,8

22,6

23,1

23

Rép. tchèque

2,9

3,5

5,0

7,5

8,6

10

11

12

Hongrie

10,4

10,5

10,0

9,1

7

6,4

6

7

Pologne

14,9

13,2

10,5

10,4

13,1

15,1

17,4

19

Roumanie

8,9

6,1

9,2

10,8

11,8

10,5

8,6

9,9

Slovaquie

13,1

12,8

13,3

17,8

16,0

18,6

18,5

18,3

Slovénie

13,9

13,9

14,0

13,3

14,1

12

11

10,5

Source : Ministères de l’Economie des pays concernés

D’importantes disparités en termes d’emploi sont à noter à l’intérieur des pays. Plusieurs capitales et grandes villes d’Europe centrale affichent des situations proches du plein emploi, auxquelles elles répondent par le recours aux travailleurs clandestins venant d’Ukraine, des autres pays de la CEI ou des Balkans. En revanche, le taux de chômage dépasse les 25 % dans certaines régions industrielles sinistrées, voire même les 50 % dans les villes où le combinat unique qui employait jadis la quasi-totalité de la population active locale a fait faillite. Le problème qui se pose est alors celui de la mobilité, traditionnellement faible en Europe centrale et orientale mais également rendue difficile par les crises du logement [6]. D’autre part, certains pays tels que la Pologne connaissent un chômage des diplômés, du fait de formations inadaptées aux besoins des marchés du travail.

 

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[6] Dans la ville de Prague, le taux de chômage varie entre 2 et 4 % mais nombre d’offres d’emplois restent insatisfaites. En effet, seuls les Pragois propriétaires de leur habitation ou disposant d’anciens contrats de location peuvent en bénéficier car les loyers pour tous les nouveaux contrats s’élèvent au minimum à 150 Euros par mois, soit un tiers du salaire moyen versé dans la capitale.


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