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Jusquau début des années 1990,
il était courant pour les consommateurs centre-européens
de parcourir plusieurs fois par an des dizaines, voire des centaines
de kilomètres pour réaliser leurs achats en Autriche,
en Allemagne ou en Italie. Désormais, il ne reste plus guère
que les Croates à continuer à se rendre en Europe
de louest dans ce but, les habitants des PECO trouvant désormais
chez eux ou chez leurs voisins centre-européens tous les
biens de consommation et déquipement courants. Nombre
de Serbes choisissent ainsi de sapprovisionner à Szeged
en Hongrie, tandis que des autocars en provenance de la CEI sarrêtent
dans les premières villes de lest de la Pologne et
quun nombre croissant dAutrichiens se rendent à
Brno en République tchèque ou à Gyor en Hongrie
pour leurs emplettes.
Bien que les produits de grande consommation soient
devenus aisément disponibles, certaines habitudes de consommation
héritées de lancien système perdurent.
Dune part, les consommateurs continuent de réaliser
leurs achats plusieurs fois par semaine, en se rendant dans les
magasins en principe à pied ou en transports en commun [1].
Dautre part, le « stockage » est encore largement
pratiqué ; il nest pas rare quune ménagère
achète trois pull-overs identiques ou quatre kilogrammes
de sucre si le prix lui semble avantageux. Enfin, contrairement
aux pays occidentaux, lachat doccasion nest pas
lexception mais bien la règle pour nombre de biens
tels que les vêtements, les meubles ou les voitures.
Sous dautres aspects, les consommateurs
dans les PECO adoptent progressivement des comportements proches
de ceux des consommateurs occidentaux. Ils disposent désormais
dassociations et de magazines défendant leurs droits
et sont devenus plus pragmatiques et plus exigeants vis-à-vis
de la qualité, du prix et du service. Dautre part,
la consommation daliments typiquement locaux, tels que la
viande de porc ou le saindoux, tend à diminuer. Cette occidentalisation
des modes de consommation est particulièrement forte chez
les Polonais, qui vont même jusquà remettre en
cause leurs penchants traditionnels pour la vodka ou les fruits
et à se rallier aux plaisirs universels des vins ou des sucreries.
Au-delà de ces généralités,
il est utile daffiner les analyses car des différences
dans les modes de consommation apparaissent selon les pays du fait
des disparités de pouvoirs dachat, de natures des commerces,
de disponibilités des produits et de comportements des consommateurs.
Ainsi, tandis que les Polonais sexhibent et achètent
sur un coup de cur, les Hongrois restent discrets, les Tchèques
comparent et les Slovaques regardent, mais nachètent
pas aussi facilement.
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[1] Alors que par le
passé les achats alimentaires étaient quotidiens,
le développement des supermarchés et des hypermarchés
ainsi que la hausse régulière des taux déquipement
en véhicules et en produits blancs permettent des achats
plus espacés et dans un lieu unique.
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